Repenser la communication scientifique
1. Un nécessaire changement
Etienne HARNAD
En tant que chercheur, vous faites des découvertes, soit théoriques soit empiriques, et avez le désir de diffuser vos résultats pour que les autres chercheurs sachent ce que vous avez trouvé. La publication vous permet de contribuer à la connaissance humaine, d'autres chercheurs pouvant s'appuyer sur vos résultats pour avancer. Il y a certes d'autres raisons, que ce soit des raisons alimentaires, ou une volonté de carrière et de renommée. Mais celles-ci me paraissent secondaires. La question à se poser est à mon sens la suivante : qu'est-ce qui distingue un chercheur d'un auteur de livres ou d'articles journalistiques ? Or la réponse est simple : le chercheur n'est pas rémunéré pour ses articles. Dans ce système esotérique, la plupart du temps, l'auteur à peu de lecteurs. Il ne s'agit pas pour autant de réduire vos publications car il y a toujours un petit nombre de personnes intéressées : les chercheurs actuels et à venir.
La publication papier a longtemps été le seul moyen d'être lu. Le papier étant coûteux, il était nécessaire de demander aux lecteurs une participation financière et les institutions devaient donc dépenser beaucoup d'argent pour accéder aux périodiques. Désormais, ce système n'est plus incontournable. Il ne s'agit certes pas de lire des articles entiers sur écran. Lorsque ceux-ci vous intéressent, libre à vous de les imprimer. Mais tout ce qui procède de la recherche peut se faire sur ordinateur. On imprime donc désormais uniquement ce qui est nécessaire à son travail. Nos ennemis ne sont pas les éditeurs mais les abonnements, les licences de sites et les pay per view. Ces derniers doivent donc être remplacés par un système mieux adapté à nos objectifs. Les sociétés savantes disent souvent qu'elles ont besoin de ces ressources pour assurer leur fonctionnement. Or la vraie question est celle-ci : souhaitez-vous emêpcher certains chercheurs d'accéder à vos travaux pour financer des congrès ? Il existe un certain nombre d'institutions riches, qui sûr ont accès à une importante partie des revues qu'ils souhaitent. Mais ce n'est pas le cas pour toutes les instutions, et pour tous les pays; le nombres de lieux où les chercheurs ne peuvent accéder à nos résultats est beaucoup plus important que le nombre de ses lieux fortunés.
2. Le paradoxe de l'édition scientifique
Etant donné que les bibliothèques n'ont pas suffisamment d'argent pour payer toutes les revues, le fond du problème est intrinsèque. Alors que les chercheurs offrent leurs résultats, tout le monde doit payer pour y accéder. Si l'auteur ne souhaite pas être rémunéré pour ce qu'il publie, l'accès à ses travaux doit être libre. En outre, les revues expertisées ou les monographies spécialisées, parce qu'elles ne sont pas rentables, ne trouvent pas d'éditeurs, tout comme les actes de congrès. Tout ceci doit donc être une littérature offerte. Je vous rappelle que <<copyright>> veut dire <<droit d'auteur>>, ce qui signifie les interêts de l'auteur. Lorsque j'offre mes résultats, j'offre mon texte, mais je garde mon statut d'auteur, qui doit être protégé. Ce droit me protège contre le plagiat -- le vol de mon status d'auteur. Mais si je ne désire pas de protection contre le <<vol>> de mon texte, c'est inutile d'invoquer mon droit d'auteur contre moi-même! Le pacte faustien que nous avons conclu avec nos éditeurs n'est aujourd'hui plus nécessaire.
Il ne s'agit pas d'abandonner les revues scientifiques. Personne ne vous demande de ne plus soumettre vos articles aux revues de votre choix. Il ne s'agit pas d'auto-publication mais d'auto-archivage. La publication demeure. Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas les revues qui expertisent nos rapports mais les pairs, c'est à dire, nous-mêmes. Des spécialistes font des recommandations que le rédacteur transmet à l'auteur.  Ce système d'expertise ne changera pas. Mais les textes n'y seront plus tenu otage: le service sera payé séparément, et le texte lui-même sera libéré.
3. Logiciel à venir
Je ne cherche pas à réduire le prix des revues mais à le supprimer totalement! Les administrateurs de bibliothèques ont mieux à faire que de dépenser leur budget dans des abonnements. En juillet, un logiciel permettant d'établir des archives vous sera offert <http://eprints.org>>. Il vous suffira de libérer de la place sur vos serveurs. Il s'agit d'un logiciel inter-opérable  <http://www.openarchives.org>: un article stocké par l'INRA pourra être accédé et lu par n'importe qui, n'importe ou, sur le réseau, gratuitement. Au lieu de payer pour lire un article dans Psychological Review, qui est la revue ayant le plus d'impact dans mon domaine, il vous suffira de le chercher globalement dans les <<archives ouvertes>>, qui seront toutes des clones reliés par leur interopérabilité. Les institutions n'ont qu'à acquérir des serveurs, installer le logiciel eprints dessus,  et enuite leurs chercheurs n'ont qu'a stocker leurs articles dedans. Les chercheurs vont rapidement préférer accéder gratuitement aux articles. Et la demande pour les revues payantes va donc inévitablement chuter. Une fois la littérature libérée, les abonnements ne seront plus nécessaires. Le service d'expertisation  pourra être financée par une partie du gain financier (10 % environ) qui en découlera. Les revues deviendront uniquement des etiquettes certifiant le niveau de qualité d'expertisation atteint par l'article.
III. Débat
Un chercheur à l'INRA
Comment se fait l'auto-archivage ? Se fait-il à partir du texte envoyé à la revue ?
 
Etienne HARNAD
 
Le texte est déja digitalisé dans l'ordinateur. Il suffit de se connecter au serveur d'auto-archivage, de préciser quelques paramètres - par exemple s'il s'agit d'un prétirage ou d'un article expertisé (nom de la revue) - d'indiquer l'URL où est stockée l'article, et le système fait le reste. Votre article est alors en accès libre à  tout-le-monde. La première fois, cela prend dix minutes. Et une fois cloné, le stockage prend deux minutes. L'accord de Santa Fe permet à tous les fichiers d'être interopérables <http://www.openarchives.org/sfc/sfc_entry.htm>.
 
Une intervenante

Comment la digitalisation des images se fera-t-elle ?

Etienne HARNAD

Par les DGIF, par exemple.

La même intervenante

Cela ne prend-il pas trop d'espace ?

Etienne HARNAD

Non. Le coût de l'espace est devenu dérisoire.

Un intervenant

Vous partez sans doute du fait que la gestion électronique de toutes ces informations est forcément moins chère que la gestion actuelle. Cela me fait penser à ce que l'on disait à propos de l'énergie solaire dans les années 60.

Etienne HARNAD

Je ne fais aucune hypothèse. Tout ce dont je parle existe déjà. L'archive de Los Alamos a par exemple déjà capté une grande partie de la littérature en physique  <http://xxx.lanl.gov>.

Un intervenant

Il faut tout de même payer.

Etienne HARNAD

Le coût est dérisoire. En outre, le réseau développé par le Los Alamos aux Etats-Unis est un réseau central. Je parle pour ma part d'un réseau distribué. Le coût est très faible rapporté au nombre d'articles disponibles (près de 120 000) et partagé par un nombre important d'institutions.

Annick FONDBONNE

Je ne vois pas pourquoi les revues dépenseraient de l'argent pour chercher des experts afin d'évaluer les articles. De plus, comment sera gérée toute l'information scientifique, qui est déjà très importante ? Sans sommaire de revue, comment pourra-t-on rechercher les articles qui nous intéressent ?

Etienne HARNAD

J'ai déjà parlé de l'expertise. 10 % de ce que vous aurez économisé en ne payant pas les abonnements permettront de payer l'expertise. Je vous rappelle que les experts, comme les auteurs, offrent leurs services. En plus, les revues scientifiques continuent a exister -- mais comme des cyber-étiquettes de qualité uniquement.

Un intervenant

Qui gérera cette expertise ?

Etienne HARNAD

Les revues actuelles. Le système actuel rapporte énormément aux éditeurs et ne répond pas aux besoins des chercheurs. Si les éditeurs établies n'acceptent pas ce fonctionnement réduit (controle et certification de qualité uniquement), des nouveaux autres éditeurs en-ligne prendront leur place. La gestion de la quantité d'information est une autre question. Mieux vaut stocker les informations sur des ordinateurs que sur des étagères ! Je parle de libération de la littérature. Si la quantité vous fait peur, il faut tuer les chercheurs ! Quant aux moyens de sélection, ils sont aujourd'hui divers : mots clés, moteurs de recherche, citation, etc.

Suzy MOUCHET

L'idée est de centraliser et de maintenir tous les systèmes d'expertise. La masse d'informations existe déjà, même si elle n'est pas visible, compte tenu du filtre que constituent les comités de lecture. Ce qui sera lu sera de toute façon ce qui aura été filtré.

Un chercheur à l'Inserm, rédacteur d'une revue européenne

Pourriez-vous expliquer votre proposition d'évaluation ? Comment voyez-vous celle-ci à l'échelle d'un pays, de l'Europe et du monde ? Pourrait-il y avoir un système d'évaluation mondial ?

Etienne HARNAD

Rien ne changera. Je vous ai déjà dit que les revues resteraient en place, de même que les moyens d'évaluation. Il y aura certes des exceptions. Certains éditeurs préféreront sans doute changer de métier.

Le même intervenant

Les revues, en perdant 90 % de leurs profits, feront rapidement faillite.

Etienne HARNAD

Mais les spécialistes et les rédacteurs existeront toujours. Les éditeurs ne sont pas les seuls capables de mettre en place une expertise. Certains comités de rédacteurs ont par exemple démissionné d'Elsevier en masse et ont reconstitué un comité. Si les comités restent les mêmes, peu importe le nom de la revue.

François LOTACON, chercheur à l'INRA

L'idée d'auto-archivage est extrêmement séduisante. En tant que chercheur, je ne peux qu'y souscrire. Mais je pense qu'elle est actuellement impossible. En effet, lorsqu'un article est accepté par une revue, le droit d'auteur et le copyright ne font qu'un. Jamais les éditeurs n'abandonneront ce droit.

Etienne HARNAD

Je suis rédacteur depuis vingt ans dans une revue ayant un fort impact <http://www.cogsci.soton.ac.uk/bbs>. Et je rédige également depuis dix ans dans une revue gratuite du même type <http://www.cogsci.soton.ac.uk/psycoloquy>. Si cette dernière n'a pas tué la première, c'est tout simplement parce que les chercheurs sont lents à se rendre compte de l'optimale et l'inéluctable! Mais cela arrivera un jour. Quant au droit d'auteur, les chercheurs ne sont tout de même pas assez stupides pour signer des contrats offrant l'exclusivité de leurs articles aux revues, alors que celles-ci ne les payent pas ! Il faut le droit de disposer de ses articles. Il vous suffit, pour ce faire, d'auto-archiver vos informations avant même de les soumettre aux éditeurs. Ainsi, le prétirage est déjà sur le réseau et les pairs n'ont plus qu'à faire leur travail d'expertisation. Les informations sont ensuite acceptées avec des changements éventuels et le droit d'auteur cédé à l'éditeur. Mais le texte du prétirage reste sur le réseau. Il suffira ensuite d'ajouter une liste de corrections. Tout cela est parfaitement légal (et nous précipitera à l'optimale et l'inéluctable).

Suzy MOUCHET

Il y a une réflexion à approfondir avec les éditeurs (et je pense qu'ils n'ont pas le choix), de manière à voir comment on peut autoriser le libre accès aux articles avec des systèmes d'auto-archivage, sans pour autant détruire l'équilibre économique des revues. C'est ainsi que l'on commence à procéder actuellement.
 
 

Etienne HARNAD

Je ne demande pas de sacrifice. Il est certes moins commode de commencer par regarder le prétirage puis de regarder ensuite les corrections. Mais tout est une question de temps.

Charles DUMONTET, rédacteur en chef d'une revue électronique en cancérologie

Il faut bien distinguer, dans les revues, le rôle des sociétés savantes des procédures de contrôle de qualité. La plupart des grandes revues sont issues de sociétés savantes spécialisées qui, elles, ne disparaîtront pas. Comme vous le disiez, l'expertise est réalisée par des spécialistes, membres de ces sociétés. Il est donc tout à fait concevable que le contrôle de qualité perdure et qu'un sous-groupe soit affecté à cette tâche.

Docteur ROBERT, Laboratoire d'ophtalmologie de l'Hôpital Hôtel-Dieu

Il m'arrive parfois de participer à l'évaluation de chercheurs qui vivent sous le stress du " publish or perish ". Les comités ont pour instruction de ne tenir compte que des publications en langue anglaise et dans des revues internationales. Comment pensez-vous convaincre ces comités pour qu'ils tiennent compte des publications électroniques ?

Etienne HARNAD

Ces comités ont raison et rien ne changera. Les chercheurs évalués soumettront leurs articles aux même revues. Il n'est pas nécessaire de changer ce système. L'etiquette d'expertisation continuera a certifier le niveau de qualité.

Docteur ROBERT

Mais une impression sur papier sera-t-elle nécessaire ?

Etienne HARNAD

Toutes les revues de qualité sont d'ores et déjà en ligne. Si Science abandonne la version papier, croyez-vous pour autant que les publications de cette revue ne seront plus admises par les comités ? Je pense que ceux-ci ne sont pas si naifs ! C;est l'etiquette qui compte, et non le parchemin.

Un intervenant

Préconisez-vous un abandon total du format papier ? Et que conseillez-vous aux chercheurs qui veulent appliquer ce que vous proposez ?

Etienne HARNAD

Le papier disparaitra fur à mesure ou  les meilleurs moyens, en ligne et gratis, seront disponibles. Les chercheurs n'ont qu'a insister que leures institutions

établissent des archives interopérables; ensuite ils n'ont qu'a tout stocker dedans. Qu'il signe un contrat faustien ou pas ne change rien. Ils ont la possibilité, dans tous les cas, de libérer leurs recherches expertisées en ligne. C'est cela qui compte.

Le même intervenant

Avez-vous déjà essayé de ne pas signer ?

Etienne HARNAD

Un geste héroïque de cet ordre n'est pas nécessaire. Ce n'est pas ce que je propose. Quant au format papier, il disparaîtra lorsqu'il n'y aura plus de demande. Ne vous en occupez pas et auto-archivez !

Le même intervenant

Il me semble tout de même nécessaire de garder ce format.

Etienne HARNAD

Je ne crois pas. Et si tel est le cas, ce format demeurera en parallele avec l'auto-archivage libre.

Une intervenante

Je voudrais revenir sur les revues à fort impact et sur le " publish or perish ". Il existe en effet un impérialisme de certaines revues dans lesquelles il faut publier ; et l'évaluation des scientifiques finit par prendre ce seul critère en compte. Les systèmes de communication électronique permettant un accès à des informations plus riches que celles figurant dans les revues papier, ils entraîneront sans doute une meilleure évaluation des scientifiques.

Etienne HARNAD

Nous avons tous plusieurs casquettes. Nous sommes auteurs, rédacteurs, experts, lecteurs, etc. Je souhaite améliorer le système d'expertise et j'ai mes idées sur le " publish or perish " mais je ne souhaite pas en parler car ce n'est pas le propos. Je ne parle ici que de libération de la littérature.

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